Journal d'une RollerGrrrl

10 astuces pour faire comme si le roller derby ne me manquait pas

Cela fait maintenant 4 mois que je ne suis pas remontée sur mes patins. QUATRE MOIS que mes patins prennent la poussière et les poils de chat (surtout les poils de chat). En me concentrant bien, je suis sûre que je peux les entendre soupirer d’ennui. Moi qui ai toujours été adepte du sport et qui ai maintenant le droit de courir 5 minutes par jour (rock n roll !), je peux vous dire que j’en ai bien assez de me la coller derrière l’oreille depuis tout ce temps. Mais que voulez-vous ! Si je veux remonter sur mes patins un jour, genre en septembre, c’est une étape un peu nulle mais obligée.

Roller derby unicornEn attendant, en bonne aigrie que je suis, je dois bien faire passer ma frustration comme je peux.
Voici donc 10 choses que j’ai faites pour éviter de penser que je suis en train de louper un millième entraînement / une super rando au soleil / un bout / n’importe quoi à propos du derby :

1- Vivre en ermite
Comme le roller derby fait partie intégrante de ma vie quotidienne que je sois blessée ou non, je me suis dit que m’éloigner de toute civilisation pourrait m’aider dépasser ma frustration.
Probabilité de réussite : faible parce que je travaille sur les internets et que j’ai bien été obligée de revenir au bout d’une heure et que de toute façon j’aurai eu froid dans ma cabane en Alaska.

2- Se trouver une nouvelle passion
Ne plus pouvoir s’entraîner, ça laisse énoooormément de temps libre. C’est donc le meilleur moment pour se trouver une nouvelle passion !
Je me suis renseignée, les passions les plus éloignées du roller derby sont : l’élevage de fourmis, le crochet et les mots fléchés.
Probabilité de réussite : moyenne. J’ai opté pour les mots fléchés, mais je bloque quand je dépasse les grilles de force 2. J’ai fini par dessiner des petits patins dans les cases vides.

3- Boire. Beaucoup.
Comme chacun le sait, l’alcool permet d’oublier à peu près tout et n’importe quoi.
J’ai tenté de boire jusqu’à ce que j’oublie l’existence même du derby.
Probabilité de réussite : forte. J’ai en effet tout oublié, impossible de me rappeler quoi que ce soit. En revanche, faire ça en semaine n’était pas une si bonne idée que ça.

4- Appliquer la technique de l’enfant relou
Comme la vie d’ermite est impossible (voir point 1 si vous avez la mémoire courte), j’ai tenté autre chose. Dès que quelqu’un me parlait du derby ou de tout ce qui s’apparente de près ou de loin à une chaussure avec des roulettes, je plaquais mes mains sur mes oreilles en criant « LALALALALA ».
Probabilité de réussite : très faible. En plus de passer pour une malpolie, je passais aussi pour une folle. Et comme je tiens à garder ma vie sociale et mon boulot, j’ai décidé d’arrêter.

5- Utiliser le vaudou pour me convaincre que le roller derby était une pure illusion de mon esprit
J’étais pourtant sûre que m’en remettre à des forces surnaturelles serait la solution. En fait, l’hypnotiseur-sorcier vaudou a fini par abandonner car selon lui, il est impossible de nettoyer toute trace de roller derby de mon cerveau.
Probabilité de réussite : aucune. A la réflexion, je ne suis pas sûre que me fouetter avec une patte de poulet trempée dans la sauce barbecue était vraiment efficace. En plus, ça m’a coûté un bras et le premier enfant mâle de ma descendance.

6- Répéter 100 fois de suite « de toute façon le roller derby c’est nul »
Rien de tel pour se convaincre de quelque chose que de le répéter des dizaines de fois sans relâche. Oui, de la propagande quoi.
Probabilité de réussite : quasi nulle. J’ai passé les 50 premières fois à essayer de trouver une contrepèterie dans cette phrase. Je me suis endormie au bout de la 51ème fois, comme quoi, je devrais peut-être compter les moutons quand je me sens insomniaque.

7- Mater des vidéos gores de chutes et me dire que ça pourrait m’arriver dans le derby
Comme on dit, guérir le mal par le mal. C’est ma 3ème blessure qui nécessite un petit repos en trois ans de derby. Rien que ça, ça devrait me refroidir.
Probabilité de réussite : moyenne. A force de regarder le Zap de Spion ou le Zap Choc, les vidéos de chutes ne me font plus tellement d’effet, pas même celles où les mecs tombent sur leurs genitals.

8- Renifler des protecs qui ont macéré dans un sac histoire de me souvenir que le derby, c’est pas que des bons côtés
S’il y a bien quelque chose de désagréable dans ce sport, c’est l’odeur des protecs qui imprègne la peau, même après 30 douches. Je ne vous fait pas de dessin, vous devez être au courant.
Probabilité de réussite : pas celle escomptée. En fait, sniffer de la sueur m’a fait planer plus que n’importe quelle autre substance. J’ai vu des licornes en patins et des hématomes en forme de voie lactée par milliers.

9- Lire les articles les plus pourris sur le roller derby en les prenant pour argent comptant
Ça tombe bien, les articles de ce genre ne manquent pas. Je me suis imaginé le roller derby tel qu’il est décrit dans le JT de TF1.
Probabilité de réussite : Forte. Pendant un quart de seconde, cette technique de sioux a effectivement fonctionné et l’idée d’en découdre avec glamour comme le dit si bien Paris Match m’a fait pensé à un combat de boue avec une pluie de paillettes et de pétales de roses. Qui voudrait en être ? Personne. Mais je suis par hasard tombée sur un bon article bien documenté et toute l’illusion s’est envolée.

10- Me pincer fort le bras dès que j’entends, lis, vois quelque chose à propos du derby
Je crois que c’est ce qu’on fait pour élever les chiens et les gamins. Je pensais vraiment qu’associer une sensation désagréable au derby pourrait me sortir de ma frustration de ne pas rouler.
Probabilité de réussite : complètement naze. Ça m’a seulement donné des hématomes et je pense que cette technique est juste bonne dans Orange Mécanique parce que même en répétant 1000 fois l’opération, j’avais toujours autant envie de chausser mes patins.

J’ai arrêté là mes expérimentations en me disant que j’avais sûrement du donner mon âme au derby evil, ce qui pourrait expliquer pourquoi rien de tout cela n’a marché. Je n’ai plus qu’à ronger mon frein dans un coin en attendant le jour de la libération. En tout cas, et ça c’est la bonne nouvelle, je suis certaine d’être loin d’avoir envie de raccrocher mes patins !

3 comments for “10 astuces pour faire comme si le roller derby ne me manquait pas

  1. 30 juillet 2014 at 13 h 57 min

    Ah, comme je compatis… Je viens d’avoir ma première blessure, et j’ai été arrêtée un mois et demi… Pas grand chose par rapport à toi… Bah putain, j’ai cru que j’allais exploser. J’avais une humeur dégueulasse, je voulais défoncer tout le monde, en plus au début je pouvais rien faire… Bref… Je me suis mise à d’autres postes au derby du coup : NSO, line-up manager… Ca permet de passer le temps même si quand tu vois tes copines sur le track sans toi t’as envie de pleurer et de te barrer. Couraaaage, courage. Fait des pompes sinon pour te défouler 😛

  2. Joséphine
    30 juillet 2014 at 15 h 32 min

    Ah le bonheur, la joie de ne plus pouvoir faire du patin et du derby. Quelle joie intense ! (ironie inside)
    Je finis presque par m’habituer, je rêve de temps en temps à la sensation de rouler avec mes patins aux pieds… bonheur, joie et tout le tralalala.
    Et puis j’oublie tout ça, je vais au travail, j’apprends par un médecin que je fais un sport de combat (ma main dans sa gueule, c’est un sport de combat ? ), je vais chez le kiné, je regarde des séries, je lis, je dors. J’habite au pays des bisounours quoi… ouais Ok, je mens, je rêve souvent de faire de gros hits sur des collègues bien idiotes et lourdes.

    Bon courage à toi !

  3. Snow White T.F.
    2 octobre 2014 at 14 h 39 min

    Courage !!!

    J’ai été en arrêt pendant 9 mois à cause d’une blessure au genou (opération, rééducation plus les mois à trouver ce que j’avais…) et je compatis vraiment.. Au début, ça me rendais dingue mais à la fin, je m’y suis fait.. Le derby me manquait mais au bout de 9 mois, tu oublies limite ce que c’était..
    Et après 2 petits mois sur patins, je me casse le pouce et suis de nouveau en arrêt ! Mais après autant de blessures, j’apprends à prendre du recul sur mes arrêts :)

    Tu verras, tu reviendras encore plus forte et plus déterminée après !
    <3

    Snow

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