Journal d'une RollerGrrrl

Guide de survie à destination des fresh meats

Depuis que Journal d’une RollerGrrrl a vu le jour, il y a de ça presque un an et demi (diantre, que le temps passe vite), j’ai reçu un petit paquet de messages de fresh meats et prospects fresh meats dont le contenu était plus ou moins similaire : qu’est ce qu’il faut faire/être pour bien débuter dans le roller derby ? Et comme j’ai ma petite expérience en tant que coach/recruteuse et que je me suis également posé la question dans mes jeunes années, je me suis dit qu’un petit post à ce propos pourrait en aider quelques uns, autant lier l’utile à l’agréable comme on dit.

Tu viens de découvrir le roller derby (ou ça fait longtemps que tu connais et tu n’as encore jamais osé passer l’étape du recrutement) et tu te vois déjà sur tes patins, sur la piste, à casser des gueules en veux tu en voilà. Sauf que bon, avant d’arriver là, il faut que tu prennes contact avec une ligue parce que casser des gueules sans raison comme ça, ça tiens plus du hooliganisme que du roller derby. Tu te demandes tout à fait légalement de quoi doit être composé une bonne recrue pour devenir fresh meat et mettre toutes tes chances de ton côté pour éblouir (ou pas) lors du recrutement. Voici donc un petit guide de survie à destination des fresh meats.

rollergirl legs

Première étape : la prise de contact

Renseigne-toi tout d’abord sur les équipes pas loin de chez toi, il y en a sûrement une quelque part pas trop loin, oui, même à Poitiers. Une fois que c’est fait, contacte la dite ligue, Facebook, mail, Twitter, bref, je ne vais pas t’apprendre les techniques modernes de communication. Le mieux du mieux, c’est quand même se déplacer à un entraînement. Comme ça, pas de surprise : non le roller derby c’est pas vraiment comme dans Bliss ou comme dans Rollerball, vaut mieux être prévenu avant. Et puis montrer sa frimousse à la ligue en question, c’est toujours cool.

Deuxième étape : les questions cruciales

Contacter une ligue c’est bien, mais pour faire quoi ? Pour demander par exemple ceci :

  • les heures et jours d’entrainement
  • le coût de l’inscription et du matériel
  • les dates du prochain recrutement
  • le positionnement de la ligue (est-ce qu’elle existe juste pour le fun ou bien si c’est une ligue avec des objectifs de matchs, de renommée, est ce qu’elle recrute des débutants, etc), ça évite les mauvaises surprises.
Troisième étape : la préparation au recrutement

Si la ligue te convient, nous voici arrivés à l’étape la plus importante (et traumatisante) de toute ta carrière dans le roller derby : le recrutement. Pour info, certaines ligues préfèrent recruter à dates plus ou moins fixes, comme par exemple une ou deux fois l’an (en septembre surtout) alors que d’autres intègrent volontiers des joueurs et joueuses tout au long de l’année. Disons que ta ligue recrute dans 1 mois. C’est court et long en même temps, que faire pour bien s’y préparer ?

Cas 1 : tu sais déjà faire du roller ou du patin
Pas grand chose du coup, à moins de t’habituer au patin à roulettes si ton truc c’est plus le inline. Il y a quand même un petit temps d’adaptation et c’est toujours bien de l’anticiper pour éviter toute déconvenue.

Cas 2 : le roller, tu connais de loin, de dos, dans la nuit
Un seul truc à faire (et pas des moindres) : se sortir les doigts ! Dis-toi qu’il risque d’y avoir tout un tas d’autres personnes qui veulent être recrutées et que la sélection se fera surtout sur le niveau de patinage. Il n’y a donc pas beaucoup d’autres solutions que de dénicher une paire de patins et s’entraîner à rouler jusqu’au jour J. Il est mieux dans ce cas d’en trouver une à pas cher sur le bon coin par exemple, car si finalement le patin ne te plait pas ou si tu n’es pas recruté(e), ce sera beaucoup moins d’argent de perdu. Just sayin’. Bien évidemment, interdiction de rouler sans le minimum de protections : genoux, coudes, poignet et casque. Le mieux c’est de rouler le plus régulièrement possible sans faire des folies non plus : se stabiliser, rouler, tourner, freiner, marcher… La base quoi. Et si chute il y a, te relever tu devras ! Les chutes, c’est 90 % de l’apprentissage, faut le savoir et pas baisser les bras au moindre bleu sur ton fessier.

Quatrième étape : le recrutement

Alors ça y est, c’est le jour J ! Tu te demandes à quelle sauce tu vas être mangé(e) et l’idée d’être évaluée par tes futures coéquipièr-es te met la boule au ventre ? Il n’y a aucune raison si tu t’es entraîné(e) un minimum. Pour l’organisation de cette journée, tout dépend de la ligue mais généralement, un recrutement consiste en une série d’exercices de patinage de base, une présentation de l’équipe et une petite démo. Rien de très sorcier.

Il n’y a aucune sélection sur le physique, alors tu peux être grand, petit, fin, costaud, musclé ou pas, ça ne change rien. Ça peut paraître bête de le préciser, mais on m’a souvent demandé. Viens comme tu es, tant que tu es d’un naturel sportif !

Que montrer lors du recrutement ? Tu as peur d’en faire trop ou pas assez ?
La qualité à mettre en avant par dessus tout, c’est ta motivation. Si tu fais la gueule, si tu n’effectues pas les exercices qu’on demande ou si tu souffles toutes les 30 secondes (c’est du vécu), crois moi que ça va pas le faire. Le roller derby c’est peut-être un sport « rock n roll », mais on attend de nos fresh meats qu’elles soient disciplinées, motivées et attentives. Fais du mieux que tu peux et si un ou une recruteuse vient te donner des conseils, écoutez-les, applique-les et tout se passera bien. Relève-toi autant de fois que tu tombes. Même si tu n’as pas confiance en ton niveau de patinage, la persévérance paye, je te l’assure.

Pour résumer, les mots clés pour un bon recrutement :

  • motivation
  • persévérance
  • attention
  • endurance
  • maîtrise du pack Office (héhé).

C’est pas très compliqué.

Cinquième étape : les premiers entraînements

OUIIIII tu as réussi et tu as reçu le Saint Graal : le mail qui te dit « bienvenuuuue dans notre ligue ». Cool, super, félicitations, mais ce n’est que le début ! Tu recevras certainement tout un tas d’info de la part de ta ligue pour t’équiper, mais si tu veux te renseigner, tu as entre autres Sckrpnch, Hawaii Surf et Queen Castagne.

Fresh meat

Maintenant que tu es recruté(e), tu vas devoir montrer tout ce dont tu es capable et que tu mérites ta place au sein de la ligue. Pas de secret, si tu es assidu(e) aux trainings, 70% du travail est déjà fait. Enfin.. si tu es assidu(e) ET motivé(e), je veux dire. Parce que si tu viens mais que tu préfères le banc à la piste… Tu viens, tu roules, tu es à 100% dans le training, tu ne te dévalorises pas (c’est le meilleur moyen pour se décourager) et surtout n’hésite pas à poser des questions.

En plus de tout ça, l’implication au sein de ta ligue est indispensable. Il y a toujours besoin de bénévoles pour tout et n’importe quoi et se montrer disponible est un gros plus ! On n’est pas des MC pour autant mais être volontaire, c’est plutôt cool. Penses-y !

Cinquième étape bis : tu n’as pas été recruté(e)

Ne baisse pas les bras ! Postule au prochain recrutement, ta persévérance finira bien par payer. Peut-être même qu’en attendant une jolie place de NSO (Non Skating Official, arbitre sans patin) te sera réservée. Continue de rouler régulièrement et le prochain recrutement sera le bon ! Pour moi, une personne qui revient après une taule est sûre à 99,99 % d’être prise.

Sixième étape : objectif minimum skills

Voici la dernière étape avant de prendre d’assaut le track ! Les minimum skills sont une série d’exercices pratiques et théoriques qui ont pour but de savoir qui ou qui n’est pas prêt(e) à jouer des matchs (scrimmages ou bouts). C’est avant tout une règle de sécurité, avoir ses MS est la certitude que tu n’es ni dangereux-se pour toi ou pour les autres. Si cet exam est un objectif pour la majorité des fresh meats, il ne faut pas pour autant n’avoir que ça en tête. Parfois, quand ça veut pas, ça veut pas. J’en suis la preuve : je les ai foirés la première fois pour les réussir avec un sans faute (ou presque) la seconde. Donc oui, les MS sont un passage obligé mais se forcer alors qu’on ne se sent pas prêt créera plus de blocages qu’autre chose. Mieux vaut prendre son temps pour tout comprendre et tout assimiler comme il se doit. Beaucoup trop de filles (à mon sens) se mettent la pression à ce propos et en ratent leur passage. Oui, c’est balaud. Il faut avant tout se laisser le temps d’être prêt(e), le roller derby n’est pas un sport à prendre à la légère et nécessite pas mal de dépassement de soi !

En attendant la date fatidique des MS, il est important de bien réviser les règles (oui, TOUTES les pages) et ne pas hésiter à poser des questions au moindre point obscur (et il y en aura. Ooooh oui). Elles sont beaucoup plus faciles à comprendre et apprendre lorsqu’on les met en situation, alors go aux trainings de l’équipe A si possible !

Pour terminer, voici mes conseils pour s’en sortir lors des premiers mois de roller derby :

  • boire beaucoup d’eau (surtout le jour du training) gazeuse si possible, ça évite vachement les crampes et autres courbatures. En tout cas ça marche pour moi !
  • bien s’échauffer avant chaque entraînement et s’étirer à la fin (pas immédiatement après, mais une fois chez soi)
  • prendre des granules d’arnica en cas de grosse chute ou après les gros trainings
  • manger léger avant un entrainement
  • aller courir (avec des bonnes runnings) une fois par semaine pour rester en forme et améliorer son endurance
  • ne JAMAIS baisser les bras (ça m’est arrivé et j’ai perdu 100 points d’expérience à chaque fois)
  • s’impliquer dans la ligue, autant sportivement qu’associativement
  • rouler dehors si le temps le permet, c’est la meilleure école de patinage du monde
  • et… ne pas oublier de garder du temps pour soi, en dehors du derby ! C’est important pour ton équilibre mental ainsi que celui de ton entourage !
Septième étape : premier match !

Ça y est tu y es enfin ! Ton objectif est donc atteint et tu peux dire adieu à la fresh meat que tu étais. Enjoy your derby life !

Roller derby

5 comments for “Guide de survie à destination des fresh meats

  1. Sev
    11 juin 2014 at 15 h 44 min

    Merci pour cet article qui tombe à pic pour moi…. j’ai 39 balais et j’ai envie de me lancer. J’ai prévu de passer l’été à m’entrainer et de postuler en septembre. Je ne sais pas si ça va me plaire, si mon physique suivra, si j’en suis capable mais c’est pas grave. Si j’essaye pas, je ne le saurais jamais.^^
    La bise

  2. Sarah D
    16 juillet 2014 at 12 h 10 min

    Hello, merci pour cet article, je suis entrain de débuter le roller derby et je me retrouve complètement dans ce que tu décris! J’ai une petite question: j’ai remarqué que lors des entrainements j’étais souvent à bout de souffle, pourtant j’essaie au max d’être attentive à ma respiration, de bien expirer etc). Est-ce que c’est qq chose de fréquent au début et est-ce qu’il y’a des méthodes pour améliorer son souffle? Merci merci! Sarah

    • Brutal Brunette
      16 juillet 2014 at 15 h 28 min

      Hello Sarah ! De mon point de vue amateur, je dirai que le souffle se travaille et qu’il va venir avec le temps. C’est normal d’être essoufflé lors des trainings, mais c’est pas normal d’être trop essoufflée non plus. Après il y a toujours des facteurs qui jouent, si par exemple tu fumes ou des personnes proches de toi fument, si tu fais un peu d’asthme, etc. Après, il est possible que tu « vises un peu haut » et que ta condition physique n’est pas encore à la hauteur de tes attentes, mais ça devrait venir :)

  3. Hell
    15 juin 2015 at 15 h 04 min

    Merci pour ce post qui est génial ! Le roller derby me tente depuis quelques mois déjà et je vais essayer de m’y mettre à la rentrée. Fingers crossed, on passe le bac d’abord et les patins ensuite.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *