Journal d'une RollerGrrrl

J’ai testé pour vous : commenter un match de roller derby

Même si mon état physique (et mental, faut bien l’avouer) ne me permet pour le moment pas de me remettre à fond dans les entraînements, je ne lâche pas l’affaire pour autant et je reste présente pour mon équipe autant que je le peux. En particulier lors des matchs à domicile : j’ai plusieurs fois tenu le rôle du speaker. Et comme vous allez le voir, ce n’est pas un rôle si simple que ça !

Commentateur sportif - roller derby

Etre commentateur sportif, c’est avant tout une histoire de coupe de cheveux.

Les Chevalières de la Piste Ronde, le retour

Samedi dernier, c’était un jour un peu spécial pour Roller Derby Lille : nous organisions notre deuxième tournoi Les Chevalières de la Piste Ronde : Game of Track. Nous avons rencontré Les Divines Machines de Nantes et les Dom City Dolls d’Utrecht. Nous jouions au profit de l’association L’échappée, qui lutte contre les violences sexuelles et sexistes. J’avais envie de le rappeler car c’est un sujet au coeur des média en ce moment, et les valeurs défendues par cette asso correspondent à celles du derby, et aux miennes. Voilà donc qui est fait :)

Et lors de ce tournoi, j’ai une nouvelle fois tenu le rôle de speaker. Je me suis donc mise derrière le micro, ma place préférée depuis quelques mois. Si ce rôle semble a priori secondaire (pas besoin de speaker pour que le match se déroule comme il se doit), être speaker n’est pas si facile qu’on le croit, et ça demande même un véritable savoir-faire, oui messieurs-dames !

Commenter un match : okay, mais comment ça se passe ?

Tout d’abord, il faut bien évidemment avoir en tête que l’on commente le match pour le public, qu’il soit novice ou expert dans le domaine et il faut donc en faire pour tout le monde. Ne pas utiliser trop de jargon derby pour les néophytes, ne pas non plus tout expliquer dans les moindres détails au risque de saouler tout le monde. D’ailleurs, pour moi, tout ne se commente pas, et avoir 10 secondes de blanc entre deux phrases n’est vraiment pas un drame, au contraire.

Mais avant de rentrer dans les détails, commençons par le commencement : être speaker, ça se prépare. On n’arrive pas comme ça les mains dans les poches en espérant que tout se passe bien. Il faut avoir un minimum d’infos. Par exemple, il faut s’assurer que le roster est en adéquation avec les joueurs qui se sont déplacés, prendre en compte les changements de dernière minute, préparer également le moment où les joueurs font le tour de piste de présentation, la musique utilisée, etc. Bon, ce que je vais dire va sembler logique, mais bien revoir ses bases sur les règles, ça peut aider aussi. Samedi dernier, ça faisait tellement longtemps que je n’avais pas mis les patins sur la piste pour un match que je n’étais pas toujours sûre de moi (sur des mini détails, fort heureusement), mais on ne m’y reprendra plus !

Un savant mélange 

Généralement, lors d’un match, deux personnes sont là pour commenter : une personne qui joue comme on l’appelle chez nous « le candide », qui pose des questions qu’un public novice peut se poser et un « expert » qui sera là pour répondre à ces questions et commenter plus précisément les actions.

Le plus compliqué là-dedans, c’est qu’évidemment, tout ne peut pas être dit. Certains commentaires peuvent donner trop d’informations aux équipes sur le terrain et nous ne sommes pas là pour ça (heureusement, malheureusement ? 😉 ). Par exemple, lors d’un po-po-power jam, il vaut mieux attendre d’être sûr que les deux équipes aient bien remarqué la situation avant de balancer l’info. Pareil pour le retour sur le track des joueurs en penalty box. De toute façon, si on en dit trop, un arbitre saura bien nous lancer un regard noir pour nous faire comprendre que là, on est allé trop loin. Hinhin. Attention aussi à rester impartial, ce qui est plutôt compliqué quand mon équipe joue. Dans ces cas-là, je suis à peu près sûre d’avoir des commentaires un peu orientés, mais j’y peux rien là j’vous jure, j’fais même pas exprès.

Speaker roller derby

« Oulala, j’ai encore dit un truc qu’il fallait pas, moi… et un peu trop forcé sur le botox »

Pas l’droit de tout dire 

Alors on dit quoi ? On explique les rudiments des règles, le rôle de chacune des personnes sur la piste (et il y a de quoi tenir plusieurs minutes sur le sujet !), décrire les actions, le nom et le rôle des joueurs sur le track, le score, les temps-morts, les temps forts, les fautes, bref tout ce qui touche au bon déroulement du jeu. Et aussi, en tant que speaker, nous nous devons de dire certaines choses, histoire de rendre à César ce qui est à César : les partenaires, les sponsors, l’association pour laquelle se déroule le match s’il y a, les stands, les horaires, etc.  Pour faire simple, pour faire un bon commentaire, il suffit de se mettre à la place d’une personne qui n’y connait pas grand chose, se demander quelles questions elle pourrait se poser afin d’apporter les explications nécessaires à la bonne compréhension du jeu.

Tourner sa langue 7 fois dans sa bouche… ou pas ! 

L’autre difficulté à mon sens, c’est le débit de parole. Il faut savoir commenter ce qui se passe en même temps que l’action se déroule. Logique, me direz-vous ! Logique, oui, mais facile, non ! Trouver les bons mots, réussir à construire une phrase grammaticalement correcte tout en réfléchissant à l’action qui est en train de se dérouler en plus d’être corps et âme dans le jeu (là, c’est la passionnée qui parle) n’est pas un taff de tout repos ! Que le premier qui n’a jamais commencé une phrase sans savoir comment la terminer me jette la première pierre ! Et ça, c’est ma hantise à chaque fois. En plus de devoir prendre la parole devant des dizaines voire des centaines de personnes, d’entendre sa propre voix (ouais, personne ne kiffe sa propre voix), il faut faire attention de ne pas dire trop de conneries. Bon, il m’arrive d’en sortir parfois (souvent), mais je préfère prendre le parti d’en rire, après tout personne n’est parfait et j’ai pas encore passé mon diplôme de speaker professionnel.

Entre autres bourdes, j’ai déjà noté : les fautes de grammaire que je remarque en même temps que je les dis (nan mais au secours, je suis la première à me moquer des « si j’aurais »), les mots que j’invente du genre « magnificieusement », les erreurs de prononciation des derby names, les erreurs d’appréciations comme « olala, quelle faute ! Ah bah… non, elle ne va pas en prison, c’était pas une faute en fait », et bien d’autres que je préfère garder pour moi, il en va de ma street-cred’.

Pour finir, l’autre rôle du speaker, en plus de commenter le match, est d’échanger avec le public. On n’est pas là seulement pour diffuser de l’info, mais bien pour interagir. Alors on peut demander au public d’acclamer son équipe, répondre en temps réel aux questions posées, taquiner un peu quand l’occasion se présente et parfois même calmer le jeu lorsque les spectateurs s’échauffent un peu trop.

Au coeur de l’action !

Si tenir le rôle du speaker me satisfait et me convient, c’est également un rôle vraiment frustrant car on est au cœur de l’action ! Et en tant que « joueuse sur le côté », je ne peux m’empêcher de penser que ma place est sur le track, et que je devrais y être en ce moment-même au lieu de tenir le micro. Et d’un sens tant mieux, car lorsque je commente, j’essaye du mieux que je peux de faire ressentir l’intensité du match et la passion que je voue au roller derby. Et c’est justement le fait d’être en plein dedans qui me fait du bien, et me motive un peu plus à chaque fois à mettre les bouchées doubles pour être à nouveau sur le roster. Et ça, je vous le jure, c’est pour bientôt !

 

2 comments for “J’ai testé pour vous : commenter un match de roller derby

  1. Came Boo
    23 avril 2015 at 17 h 55 min

    Come back Bruneeeeette!!! 😀
    J’ai remarqué en rematant le match que tu disais « la jammeuse appelle à la fin du jam », je me suis dit : « bah elle appelle qui ?! » (haha quel humour…), mais c’est loin d’être la pire chose que j’aie entendue de la part d’un speaker, t’en fais pas !
    En tout cas merci, ms j’espère plutôt que tu rechausseras vite tes patins :)
    Bisouuuus

    • Brutal Brunette
      24 avril 2015 at 9 h 24 min

      Ahah « oui allôôô ? Je voudrais la fin du jam s’il vous plait ! »
      Je rechausse déjà mais j’ai pas encore repris les trainings des A… ce qui ne saurait tarder 😉
      Bisous Boo !

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