Journal d'une RollerGrrrl

Roller derby : gérer son agressivité

Fin de l’année, c’est le temps du bilan ! 2013 a été loin d’être toute rose (mais qui a vécu une année 100% géniale ? Peu de gens, j’en suis sûre). En tout cas, mes deux blessures enchainées, les mois de repos forcé et une reprise plutôt difficile ont participé à rendre 2013 un peu plus pourrie que ce qu’elle devait être quand on m’a souhaité « bonne année bonne santé » le 1er janvier 2013 à 00h01.

Reconnaitre son agressivité

Depuis quelques semaines, le roller derby signifiait de plus en plus pour moi le mot galère (attention hein, j’ai vécu un tas de trucs extraordinaires cette année grâce au roller derby, mais vous savez, on a tendance à mieux se souvenir des moments les moins cools, merci le cerveau). Je me suis alors posée des tas de questions sur mon avenir dans ce sport. Comme vous vous en doutez je me suis dit que ce serait quand même dommage de m’arrêter en si bon chemin, d’avoir fait tout ça pour finalement abandonner lâchement à la première grosse difficulté venue. Le problème principal c’est qu’il m’est difficile de gérer ma colère (ressentie à cause de tout un tas de trucs, pas spécialement en rapport avec le derby).

Angry cat

Gérer sa colère sur le track n’est pas quelque chose de facile, tellement le jeu est prenant. Et vous conviendrez qu’un sport de contact n’arrange pas les choses. La limite entre l’agressivité et la combativité est mince et on peut facilement basculer de l’une à l’autre sans s’en rendre compte.

C’est un peu ce qui m’est arrivé. J’avais, entre autres, tellement envie de rattraper mon niveau après mon arrêt que je ne pensais qu’à ça. Et comme mes résultats n’étaient pas ceux escomptés (« Salut, je reviens de plusieurs mois de repos mais je veux que tout redevienne comme avant en 5mn ! ») je m’en voulais énormément. Au lieu de transformer positivement cette agressivité, je la retournais non seulement contre moi mais aussi contre les filles qui étaient sur le track (adversaires ou coéquipières). Bref, j’étais à deux doigts de devenir une mean girl du roller derby.

Petit aparté : j’ai vu tout un tas d’articles qui parle d’un certain genre de filles dans le roller derby qui sont vraiment bouh-pas-belles-méchantes-faut-absolument-les-éradiquer. Je trouve que d’un sens, ça montre assez bien cette idée de « il faut être toujours à fond pour le derby sans jamais oser le critiquer sous peine de se faire sauter dessus par tout un tas de personnes » -ce que je déplore tout au fond de moi- et en même temps j’ai vécu bien des histoires bêtes de querelles qui ont nuit à l’équipe. Ma question est : les mean girls seraient elles un phénomène de la société du derby ? Je me demande vraiment. Si vous avez des réponses, je prends !

Enfin voilà. Du coup, j’imagine que je ne suis pas la seule dans ce cas.

Comment gérer son agressivité sur le track ?

En tant que jammeuse, la chose la plus énervante qui puisse arriver sur le track, c’est d’être coincé derrière un fat mur qui, même avec des feintes de folie, ne se dissoud pas. On a beau faire tous les efforts du monde pour passer, rien n’y fait.  On est là, dans le pack, à faire perdre du temps et des points à l’équipe. Situation anxiogène puissance mille. Et c’est à ce moment là que l’agressivité peut prendre le dessus sur la combativité.

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Lors d’un jam

Adopter un comportement agressif, ça peut défouler sur le moment (enfin genre 2 secondes). On a passé une mauvaise journée, on galère au boulot, ton mec/ta nana t’a cassé les pieds ou que sais-je encore, il y a toujours une bonne raison pour avoir envie de se défouler sur le track et de devenir agressif, car c’est la manière la plus « facile » de se débarasser de sa colère. Enfin c’est ce qu’on croit parce qu’en fait ça ne donne que des mauvaises choses :

  • être agressif n’arrangera pas la situation, bien au contraire
  • on gaspille son énergie
  • on n’y voit plus rien dans le jeu et on fait n’import quoi (« tiens, si je passais à cet endroit rempli d’adversaires alors que ma super coéquipière m’a fait un putain de boulevard de l’autre côté ! »)
  • s’énerver contre ses partenaires ne leur donneront pas envie de venir en aide
  • ce comportement instaure une mauvaise ambiance sur le banc/sur le track et ne donne pas une image positive de l’équipe
  • les arbitres ne feront que deux fois plus attention à ce que tu fais
  • et un million d’autres raisons

La meilleure façon de faire passer cette agressivité, c’est de transformer cette mauvaise énergie en énergie positive. Ce n’est pas toujours très simple, c’est sûr. Cela nécessite même un petit travail sur soi.

Sur le moment 

Ca y est, le mal est fait, tu sens que tu es en train de t’énerver, ton cerveau bouillonne, tes poumons se gonflent et tu n’as plus qu’une envie : crier sur la première personne venue. Si cette situation se déclenche, c’est que de toute façon, tu es dans un élan négatif depuis un petit moment. La meilleure façon de gérer cette mauvaise énergie, c’est de prendre une grande inspiration, ralentir, bien s’oxygéner pour y voir plus clair. Profiter du moindre moment pour reprendre ses esprits. Par exemple, on se fait sortir (pour à peu près la 678ème fois du jam, oui c’est énervant) : on utilise le temps qu’on prend pour repasser à l’arrière du pack pour bien respirer, repartir du bon pied et se recentrer. Et puis il faut faire confiance à ses coéquipières. Peut-être qu’elles ne t’ont pas assez aidée (ça aussi c’est énervant quand on galère) mais peut-être que tu ne les as pas assez appelées non plus.

Sur le banc

Donc avant de partir pour le jam, bien définir ce que chacun souhaite : la jammeuse demande de l’attaque ? De la défense ? Un passage extérieur ? Intérieur ? On la laisse se débrouiller ? Quelle couloir pour quelle blockeuse ? Autant de questions qui mettent la stratégie à plat et évitent les situations d’agressivité et d’incompréhension sur le track.

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Le banc, c’est l’endroit où les situations anxiogènes se cristallisent. Certaines joueuses sont en froid, on est en train de perdre le match, l’équipe est fatiguée… Pour contrer cette négativité, il est bien que les joueuses mais aussi le coach et le line-up se complimentent, se touchent, resserrent les liens. Aussi, beaucoup d’équipes tournent le dos au track, pour toujours partir sur un jam « neuf » où les joueuses ne seraient pas polluées par ce qu’elles viennent de voir.

Apaiser sa vie personnelle

Malheureusement, l’agressivité ne vient pas toujours du match, du jeu, de l’équipe, du derby. Il se peut que l’on soit dans des moments de la vie où tout va de travers et où boufferait n’importe qui, qui passerait par là. C’est l’agressivité la plus difficile à canaliser puisqu’elle vient d’un peu plus loin. A part régler le problème qui nous turlupine (ce qui n’est pas toujours possible), le mieux est de laisser ses soucis de côté pour ne se concentrer que sur le match. Pour arriver à ça, il y a des moyens plus ou moins faciles à mettre en place :

  • apprendre à bien respirer (il y a tout un tas de livres sur le sujet)
  • apprendre à vivre au moment présent, à la milliseconde près et ne pas ressasser
  • laisser les ressentiments de côté
  • prendre du temps pour réfléchir, méditer et faire le tri
  • toujours garder confiance
  • décharger sa colère sur papier pour éviter que ce soit l’équipe qui s’en prenne plein la face (mais ça vaut aussi pour tout votre entourage)
  • observer ces sentiments négatifs sans les juger et les laisser passer
  • lâcher prise face à la situation, si on n’y peut rien, on n’y peut rien !
Acupuncture

Ou faire de l’acupuncture par exemple

Une fois que cette colère sera « assainie », il ne reste plus qu’à garder l’énergie et la combativité qu’elle nous procure au profit du sport.

Ca peut ne pas fonctionner tout de suite, mais il faut aussi laisser cette idée faire son chemin dans le cerveau. Une fois qu’elle se sera bien installée, le reste se fera presque tout seul.

Et bien sûr, on ne doit pas oublier que le roller derby est avant tout un sport d’équipe et qu’il doit nous aider à nous défouler, à nous sentir bien dans notre corps et en aucun cas devenir une frustration ou une source de conflit et de colère. Si c’est le cas, la meilleure façon d’arranger les choses, c’est d’en parler ! Les relations dans une équipe ne sont pas toujours au beau fixe (et c’est bien normal) et il n’y a rien de tel que la communication pour retrouver sa place.

2 comments for “Roller derby : gérer son agressivité

  1. Dita Von Dark
    23 décembre 2013 at 17 h 09 min

    Comme je me retrouve là dedans, enfin mon ancien moi, j’ai réussit à passer au dessus de ma colère et à ne garder que le meilleur pendant les entraînements et les matchs. C’est tellement mieux pour tout le monde.

  2. The Foxinerator
    24 avril 2014 at 10 h 51 min

    Un article bien chouette !

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